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Début des hostilités ce matin pour tous les candidats du Prix de Lausanne...

Premier rendez-vous à l'arrière-scène du Théâtre de Beaulieu. Mot de bienvenue de Wim Broeckx, président du comité artistique, et recommandations d'usage : danser certes, gagner oui, mais aussi boire, manger, se reposer, dormir... Interprètes au garde-à-vous, prêts à transmettre le message dans les  différentes langues représentées durant la compétition. L'Asie, dans sa diversité, reste une force difficilement évitable, on ne s'en étonnera guère... Quelques candidats, initialement sélectionnés, manquent malheureusement à l'appel, pour cause le plus souvent de blessures survenues au dernier moment...

Le baptême du feu, c'est pour les plus jeunes et pour les filles, qui débutent la journée par un cours de danse classique donné par Cynthia Harvey, qui officie à Lausanne en tant que professeur pour la deuxième année consécutive. Le jury est là en observation, avec ses neuf membres installés par paires aux quatre coins du studio 2. L'évaluation, ce sera pour demain... Coup de théâtre toutefois, et par la même occasion, ambiance inédite, avant que le cours ne commence : le président Frank Andersen fait fi de son piédestal, descend dans la fosse aux lions, s'approche des candidats, se présente à eux, présente ses collègues et salue personnellement chacune des candidates, prenant parfois le temps de leur demander d'où elles viennent... Petit discours de bienvenue et d'encouragement, d'où ressortent les notions de travail, de sacrifice et de coeur.  On applaudit. Après la barre, Cynthia Harvey aura aussi droit à son hommage. On applaudit encore... Mr Andersen, this is your day!

Vingt filles dans ce groupe des 15/16 ans, et à vrai dire, bien difficile de distinguer une personnalité saillante, au-delà des qualités techniques et physiques partagées que l'on perçoit comme une évidence chez les unes ou chez les autres. Une Cubaine aux longues jambes, une Américaine à l'air encore d'une enfant, une Française au physique de rêve et au prénom d'actrice, une Japonaise habile et délicieuse, mais encore?... La scène, une fois de plus, devra être le révélateur de ce je-ne-sais-quoi que la classe ne parvient pas forcément à mettre en valeur lors de cette leçon inaugurale. Cynthia Harvey insiste tout particulièrement sur la propreté des positions dans les fermetures, sur les appuis au sol, sur la liberté du haut du corps.. Un cours très musical, un adage complexe, des chausse-trappes et des changements d'accents qui semblent parfois en laisser certaines un peu surprises... Mais ce n'est que le début... 

Les garçons de la même tranche d'âge entrent en scène aussitôt après les filles. Patrick Armand, également chargé cette année des répétitions des variations classiques, donne le cours. A nouveau, face à ces messieurs, Frank Andersen en grand seigneur. Ils ne sont que huit dans le groupe, on les observe avec intérêt... Rien d'étonnant, cette année encore, les personnalités paraissent d'emblée plus lisibles chez les garçons que chez les filles... L'appel des nourritures terrestres fait pourtant son oeuvre, on  s'éclipse, on aura le temps de les revoir plus tard...

Après déjeuner, leçon de danse contemporaine pour les 15/16 ans, filles et garçons mélangés, avec Didy Veldman, chorégraphe free-lance formée à l'Académie Scapino de Rotterdam. Détail inédit parmi les nouveautés de l'édition 2010 : un sol en pente, qui reproduit exactement celui de la scène du théâtre, a été aménagé dans le grand studio. Pas bête pour répéter les variations... On cherche une place dans la mezzanine pleine à craquer. Cours accompagné par un pianiste, percussionniste, et chanteur à l'occasion... On travaille sur les appuis au sol, les isolations, les pliés... Sur la musique, les rythmes et les accents toujours. Des candidats semble-t-il ouverts, remplis d'énergie et de volonté, face à cette manière différente d'appréhender la danse et le placement du corps. Dur, dur pourtant de relâcher son corps, de le tenir en-dedans, sans chercher à « faire joli », quand celui-ci est habitué aux contraintes du classique... En termes de notation finale, cette partie-là compte cependant pour eux tout autant que le reste. 

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